Les États-Unis d’Europe sont encore loin

Aujourd'hui, c'est la fête de l'Europe. Mais, l'Europe n'est pas à la fête. 

Mon histoire personnelle fait que l'Afrique et l'Europe s'entremêlent en moi. Aussi, je ne peux laisser passer ce 9 mai sans célébrer cet événement à ma façon, par un billet sur mon blog. Malheureusement, les États-Unis d’Europe sont encore loin. Car le Vieux Continent est en crise. Explications.

Crise économique

La crise économique, d'abord, touche les populations et les États de l'Union européenne contraints de de plier à des politiques d'austérité. Les gouvernements grecs, espagnols et portugais ont adopté des remèdes de cheval afin de sauver leur pays de la faillite. Durement touchés par ces mesures et confrontés au chômage, aux difficultés financières et à la paupérisation, nombre d'Européens sont désormais plongés dans la colère et l'incompréhension. Le rejet vis-à-vis des institutions européennes est un sentiment de plus en plus vivace au sein de la population.

Crise de confiance

La crise économique en Europe se double d'une sévère crise de confiance. "Voters'trust in EU falls to record low", titrait The Guardian dans son édition du 25 avril. Traduction : "La confiance des citoyens dans l’Europe n’a jamais été aussi basse." Pour affirmer cela, le quotidien britannique s'appuyait sur un sondage effectué à la fin de l'année 2012 et montrant la poussée de l'euroscepticisme, "avivée par la crise de la dette". Des pays fondateurs de la CEE, comme l'Allemagne, l'Italie et la France, subissent un "déclin vertigineux" de la confiance de leurs citoyens dans l'Union européenne. En France - un pays que je connais bien - le manque de confiance dans l'Union européenne est passé de 47 % en 2007 à 61 % en 2012. Le désaveu parmi les États membres est le plus fort en Espagne, dont 72 % des habitants "tendent à ne plus croire en l’Europe", contre seulement 20 % qui y adhèrent encore. Il y a cinq ans, 65 % des Espagnols avaient confiance en l'Union européenne.



Crise politique

Comment ne pas évoquer la crise politique ou plutôt la crise des institutions européennes ? Pour l'heure, l'Europe se brise sur l'égoïsme des États nations. Je partage cette idée développée l'an dernier par Josef Joffe lors du Munk Débat sur la question “L’expérience européenne a-t-elle échoué”. Le directeur du quotidien Die Zeit est un chaud partisan de l'Europe qu'il dépeint comme "une merveilleuse idée". Après en avoir retracé l'histoire de l'Europe - sa genèse, la CECA, le marché commun, le Parlement européen, l'euro, l'élargissement à 27 membres, le journaliste allemand analyse "la crise la plus grave de son existence". Et de se demander "Pourquoi ce qui ressemblait à une marche inexorable vers le progrès a brusquement été interrompue ?" Et là, il pointe du doigt les pays membres de l'Union européenne qui peinent à renoncer à leur souveraineté. "L’Europe se désagrège sous nos yeux", regrette-t-il. Filant joliment la métaphore, Josef Joffe compare l’intégration europénne à l’ascension des Rocheuses ou des Alpes. Lisez donc la retranscription de son intervention reproduite dans Il Sore 24 Ore http://www.presseurop.eu/fr/content/article/3758941-une-ascension-bloquee-par-les-etats-nations. Son allocution ne manque ni de brio ni de piquant.

Comme Joseph Joffe, aujourd'hui, je m'interroge : faut-il "reculer, arrêter ou avancer" ? Autant je me réjouis de l'essor de l'Afrique, autant je ne peux me résigner au déclin de l'Europe.

Aurélie GANGA

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Retour en haut