De la démocratie en Afrique

 
Invité en avril à une conférence en France, Kofi Yamgnane a développé ses idées sur la démocratie en Afrique. Entre réalisme et pessimisme.
En 2010, une sombre histoire de double date de naissance a écarté Kofi Yamgnane de l'élection présidentielle au Togo remportée par le sortant Faure Gnassingbé. Depuis lors, le Franco-Togolais, ancien secrétaire d'État sous François Mitterrand, vit une bonne partie de l'année en Bretagne. C'est là qu'il avait été élu maire de la commune de Saint-Coulitz, puis conseiller régional et général, et député du Finistère. Désormais sans mandat en France, il envisage de briguer la présidence de son pays natal en 2015. Nullement découragé.
 
Kofi Yamgnane a été empêché de se présenter à la présidentielle au Togo, à deux reprises. L'élection de 2010 ne restera pas un modèle de démocratie, entre des listes électorales douteuses, le changement de dates du scrutin, l'éviction de candidats, des résultats trafiqués et l'intervention de l'armée pour confisquer les urnes et museler l'opposition. Aussi, cet homme politique expérimenté sait de quoi il en retourne lorsqu'il évoque la démocratie en Afrique. « La démocratie en Afrique. C'est beaucoup trop compliqué. Je vais vous parler de quelque chose qui n'existe pas »lance-t-il aux 200 personnes venues l'écouter à Tréguier, dans le cadre de l'Université du temps libre.

« L'horizon de la démocratie est bouché. Il y a eu 82 coups d'État en Afrique, depuis l'indépendance de ces pays, il y a 50 ans. » Kofi Yamgnane éreinte ces dirigeants politiques du continent africain dont « l'objectif est de rester au pouvoir à vie, par des élections truquées. » Et d'affirmer que « dans certains pays, le pouvoir de tuer est devenu un droit ». Il souligne également le poids de l'armée : « Ces militaires et milices du pouvoir, armés pour intimider, tuer dans la plus totale impunité, sont des prédateurs, liés, protégés par les gouvernements. » L'ancien monsieur Afrique de François Hollande lors de l'élection de 2012 tape au passage sur « la France (qui) n'a jamais soutenu l'Afrique pour la lutte pour la démocratie ».

Et vous qui vivez aux quatre coins de l'Afrique ou qui la connaissez bien, dressez-vous le même constat que Kofi Yamgnane ou nuanceriez-vous son point de vue, selon les pays du continent ?
 
Aurélie GANGA

2 Commentaires

  • Sydney Olivier Ottou

    Sydney Olivier Ottou

    Lien vers le commentaire jeudi 16 mai 2013 12:38

    Qu'importe le modele politique que ce soit la democratie ou la dictature seule la volonte de l'elite dirigeante comptera

    Il n y a que par elle que passera l'impulsion du developpement ou non

    Sinon pour repondre a la question dans ton blog la democratie en soi est une utopie mais encore plus en Afrique...

    Absence de transparence,collusion des pouvoirs politiques et judiciaires aucun moyen de controle de son application

    Rapporter
  • NDZIMBA GANYANAD

    NDZIMBA GANYANAD

    Lien vers le commentaire jeudi 16 mai 2013 08:51

    La démocratie est un concept vaste et fédérateur des peuples épris de paix pour ceux qui respectent bien les principes démocratiques; mais la démocratie ne se limite pas au seul critère des élections à tou vent; certes les élections font partie de l'un des criètres chers à la démocratire; mais la démocratie constitue ce qu'on peut appeler un état social; il y a des différences certes, mais elles ne peuvent se passer au pugilat, aux violences, à la haine; il s'agit d'un combat d'idées, des valeurs humaines;or, en Afrique, ceux o qui incarnent le povuoir voeint en leur âme les autres no au pouvoir comme des ennemis, les adversiares poltiques; ce qui est souvent mal compris dans la lutte pour le pouvoir en Afrique subsaharienne; en quand les Africains comprendront la nécessites des valeurs délmocratiques, pour mieux gérer nos pays et sortir de lapauvreté ? Garde le pouvoir est un acte dangereux pour la vie de nos peuples, n'est-ce pas ?

    Rapporter

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.

Retour en haut